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Te laisser grandir

28 août 2019

Dans quelques jours tu souffleras tes onze bougies. Au delà du fait que ces années sont passées à une vitesse vertigineuse, je m’apprête à vivre à tes côtés une nouvelle étape importante: ton entrée au collège.


Lundi tu vas découvrir un nouvel établissement, ton collège. Tu vas faire tes premiers pas d’élève de sixième, et même si ton papa et moi serons là la première heure, même si on va t’accompagner et venir te chercher à la fin de journée, la suite c’est toi qui va l’écrire.

J’ai arrêté de travailler dans les airs il y a plus de onze ans, par absolue conviction. Celle de devoir être là à chaque étape de ta vie d’enfant. Je ne voulais manquer ni tes premiers mots, ni tes premiers pas, je voulais être là si tu étais malade, je voulais jouer avec toi, ne rien manquer, être là pour les devoirs, te permettre d’inviter tes copains quand tu le voulais. Avoir du temps, pour toi, pour ton frère, notre famille.

Je voulais que tu n’aies pas besoin d’aller à l’étude le soir, ni au centre de loisirs pendant les vacances. Je voulais la vie la plus douce possible pour ton frère et toi.

Et je l’ai fait. Je t’ai amené chaque jour à l’école, j’étais là à chaque sortie.

Cette année, si tu te prépares à affronter une grande étape de ta vie d'enfant et d’élève, moi je m’apprête à en vivre une sacrément intense dans ma vie de maman. Je vais devoir apprendre à te laisser voler de tes propres ailes. Tu partiras le matin avec toute ta bande de copains, à pieds, parfois en bus. Et tu rentreras le soir de la même manière. Je ne serai pas à la sortie du collège, en tous cas pas si tu me le demandes.

Avant hier tu as été invité chez ton copain. J’avais prévu de t’y emmener mais j’ai compris que tu avais plutôt dans l’idée d’y aller tout seul, comme le grand que tu deviens. Alors j’ai pris sur moi, j’ai rangé mon stress dans un petit coin et je t’ai fait confiance. Tu as ton téléphone portable, et tu m’as prévenue dès que tu es arrivé. Tu es finalement resté dormir là bas, tu n’es rentré que le lendemain matin, comme tu étais parti, comme un grand.

Je t’ai vu à l’angle du jardin, ton sac sur l’épaule. Je t’ai trouvé drôlement grand, presque un ado. Ça m’a fait un petit pincement au cœur mais en ce moment c’est toi qui m’apprends des choses. Tu m’apprends à te faire confiance, à me faire confiance. Tu m’apprends à te laisser grandir et finalement le grand que tu deviens me plaît beaucoup. Ne change rien mon chéri, mais ne pousse pas trop vite quand même.

Je t’embrasse très fort.

Maman.