Instagram    Facebook    Pinterest    Twitter

Un peu de bienveillance

21 octobre 2017

Charge mentale, burn-out maternel, « #metoo », « #balancetonporc », comme autant d’appels à des prises de consciences, comme autant d’appels à un peu plus de bienveillance.

Envers les femmes, envers soi même.

Il est temps que cela cesse, que l’on n’ait plus à parler de charge mentale, de ces femmes à bout de souffle et à bout de nerfs qui supportent tout, toute la charge familiale, qui gèrent le quotidien et ses difficultés à bout de bras, de ces femmes qui croulent sous les difficultés personnelles, les maux des enfants, les inquiétudes que cela engendre. De ces femmes qui craquent parce qu’elles ne se sentent peut être pas assez épaulées. Et elles sont nombreuses, elles le sont trop.

Il est temps que les femmes puissent oser prendre les transports en commun le soir sans craindre d’etre suivies, agressées. Je ne prends plus les transports le soir depuis des années, chaque soirée blog se termine pour moi par un retour en VTC, parce que j’ai peur, parce que je n’ai pas envie d’etre sifflée comme un morceau de viande quand je suis sur un quai de métro, parce que j’ai trop souvent eu peur de toi qui me suis wagon après wagon, de toi qui regarde sous ma jupe quand j’emprunte l’escalator, à qui je dis qu’il faut être malade pour faire un truc pareil et qui me répond que je suis une salope parce que je porte une jupe, de toi qui te permettait de lever la main sur moi ou d’exercer un chantage affectif constant. Combien de temps cela va-t-il durer? Combien de temps va-t-on encore trouver cela « banal ». C’est cette banalité qui tue la bienveillance.

Et comme si cela ne suffisait pas, les femmes se mettent une pression incroyable, le culte du corps parfait à coup de séances de torture en salle de sport. Je ne dis pas qu’il ne faut pas prendre soin de son corps, je vous ai suffisamment parlé de ma reprise en main et des heures de sport que je pratique. Mais j’ai aussi appris à accepter mes limites et celles de mon corps. J’ai un genou qui me fait beaucoup souffrir et la reprise de la course à pieds se révèle plus compliquée que prévu. Je n’ai pas couru depuis quelques jours mais j’ai fait le choix d’etre bienveillante envers moi même et de ne pas me reprocher cette absence de sport.

Je réalise que j’ai trop longtemps été trop dure et exigeante avec moi. Je me mets une pression quasi permanente pour énormément de choses, de mon intérieur que je veux tout le temps impeccable, au fait de devoir être une bonne hôtesse quand je reçois, une maman disponible, attentive, présente, drôle, suffisamment stricte mais pas trop non plus.

J’aurai 35 ans au mois de Juin prochain et les épreuves de la vie m’ont appris à réaliser que la vie est courte, que tout peut basculer très vite et qu’il faut vivre, être dans le présent, profiter de ce que la vie nous offre, être à l’écoute de soi même, se foutre la paix, d’accepter d’être ce qu’on est, ce corps qu’on voudrait plus musclé ou plus mince, ces enfants que l’on voudrait plus sages, cette pile de linge à laquelle on n’a pas envie de toucher en ce moment, ce caractère qu’on a, ce qu’on désire, ce qu’on ne veut pas.

Soyez bienveillantes envers vous, exigez aussi cette bienveillance.

Apprenez à vous foutre la paix, et croquez la vie.

Ce sujet du harcèlement à l’égard des femmes m’a, comme tout un chacun, énormément heurtée. Les messages de femmes touchées par cette situation se multiplient, je lis les statuts de copines blogueuses, leur #metoo qui fait mal au cœur, mes souvenirs personnels. Il me semblait essentiel de m’emparer à mon tour du sujet, en y liant cette pression que l’on impose aux femmes et qu’elles s’imposent à elles mêmes.

J’espere que vous aurez apprécié ces quelques lignes, peut être même qu’elles vous auront fait du bien, que vous vous y serez retrouvées. Si vous avez envie d’en parler, que l’on échange autour de l’un de ces sujets, un petit mot juste en dessous de ce billet ou un petit mail à cette adresse: elodie@littlesweetsetcie.fr

Je vous embrasse, prenez soin de vous.